Le retour a Seattle est aussi le retour aux livres et et au "Bouquinage"... A part les bouquins specialises en relation directe avec mes etudes... J'ai eu l'occasion de lire deux livres super interessants que je conseillerais a tous.Le premier est ecrit par Robert Lachmann en 1940 et publie par the hebrew University de Jerusalem: "Jewish Cantillation and song in the Isle of Djerba".
Dr Lachmann est bien connu dans le cercle de la musique arabe et orientale de l'entre deux guerres. Il a participe (chairman of the recording committee) au fameux
Congres de musique arabe de 1932 au caire initie par notre cher Baron D'Erlanger. Dans ce live , Dr Lachmann rapporte ses observations faite pdt le printemps de 1929 a l'ile de Djerba.
Au dela de la musique des deux Hara et leurs 3 categories (Chants liturgiques, chansons festives, chants feminins) ce livre est un vrai plongeant dans la musique djerbienne avec ses racines arabes, andalouses et tunisiennes mais aussi avec ses propres specificites dont certaines remontent selon Mr au temps prehistorique et d'autres sont dus aux restrictions religieuses imposes a l''utilisation d'instruments de musique...
Un livre vraiment passionnant qui me laisse assoiffe d'en savoir plus ... (si vous avez un titre a proposer ...)
Le deuxieme livre est de
George Edward Woodberry : " North Africa and The Desert". Dans ce livre, publie en 1914 l'auteur decrit son voyage en Tunisie et en Algerie. J'ai bien aime sa description de Tunis ( New York de la mediterrannee : vu la diversite qui la caracterise: Turks, espagnols, maltais, italiens, francais, siciliens,grecs, albanais et les autochtones: moors barbus du Maroc, gros juifs djerbiens, negres soudanais ou du Fezzan, arabes, des visages gothiques, vandales et surtout des blonds kabyles, des chaouis, bedouins, et des touaregs... ). Chaque page de ce livre est un vrai tresor et un plaisir immense... ya des descriptions de la ville de Tunis, Sousse, Sfax et de... Djerba :-)
Dans ce chapitre l'auteur decrit sa deception de trouver une ile qui ne ressemble en rien a la description du voyage de Ulysse. Il presente les habitants de l'ile, il decrit surtout les Ibadites qu'il qualifie de sorte de Quakers/ unitarians... Il decrit la communaute juive de l'ile et rend compte des ceremonies du pelerinage de la Ghriba. Il parle aussi de la coexistence entre juifs et musulmans en ces termes :
"As I came into the open I noticed two lines of figures coming across country in opposite directions. They were Mohammedans and Jews each walking from their respective cemetries which lay not far away. I thought it was a typical and happy scene of two religions dwelling together in unity and peace" ...
J'ai aime aussi la maniere avec laquelle il rapporte ce qu'il voit sans exageration, Il dira ainsi de Djerba :
" It was a curious country to look at- not rich, no bottom lands, or waving acres, or luxury or exuberance of vegetation rushing forth; the nakedness of the land showed through. But the face of the country had lines of verdure and spots of spring-time and greeing reaches over the dry acclivities; the mild warmth of the sun cheered everything to its brightest; there were plotted fields here and there and the palms gave beauty to the sky and the olives gave character to the earth."Il explique aussi aux lecteurs l'histoire de l'ile , parle de l'epoque romaine et des episodes turque/espagnols... parle de la peche des eponges et de l'agriculture, l'architecture et le mode de vie des habitants de l'ile.
C'est finalement grace a ce livre que j'ai appris que les Lotus dont parlait Ulysse etaient tres probablement le
jujubier qui donne un fruit gout cerise et dont le jus avait des effets
sedatifs ( voila qui confirme la version de Ulysse :-)
