Mon ami
Jean Corcos celebre "la Tunisie" sur son blog. Il partage avec nous aujourd'hui un témoignage d'un jour sombre de l'histoire de la Tunisie. Je le remercie du fond du coeur pour ce témoignage d'une époque méconnue de la plupart des jeunes tunisiens d'aujourd'hui.
Je me permets de reprendre une partie de son post afin d'offrir la possibilité à mes lecteurs de réagir ! Merci Jean !
Je remercie egalement Freddy pour m'avoir mis au courant de la mise en ligne de :
kiftv.com
Sefer Thora brûlé, Tunis 1967(documentation Freddy Galula)
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Ayant 16 ans alors, je me souviens avoir vécu - à distance, heureusement - les émeutes antijuives de Tunis comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu ... Bénéficiant de vacances à rallonge (le lycée étant traditionnellement fermé dès le mois de juin pour permettre les épreuves du baccalauréat), je suivais - en maudissant les piles faiblardes de mon transistor - le début de la guerre au Proche Orient, m’inquiétant plus en fait pour le devenir immédiat d’Israël (on ne savait pas très bien qui avait attaqué ce lundi 5 juin, à l’aube, et les radios arabes rivalisaient dans les communiqués de victoire) que pour ma propre communauté. Je me souviens donc de notre stupéfaction lorsque nous avons appris qu’une foule déchaînée avait mis à sac la Grande Synagogue, brûlé des commerces juifs en centre ville, avant de s’en prendre successivement aux Ambassades de Grande Bretagne et des Etats-Unis ! Je me souviens de « l’évacuation » de ma grand-mère, qui vivait dans le quartier Lafayette où venait juste de passer cet ouragan, et qui était venue dormir chez nous. Je me souviens avoir entendu, distinctement sur une radio française « Ce soir à Tunis, les Juifs ont peur », et avoir éprouvé la bizarre impression que l’on parlait aussi de moi : de ce moment précis date mon engagement personnel, et mon refus de subir l’Histoire sans réagir. Je me souviens enfin (et cela éclaire un autre engagement, mais qui est venu plus tard), qu’il y a eu aussi des « justes » dans le peuple tunisien après ces évènements qui leur faisait honte : des amis musulmans qui nous ont appelés pour nous proposer de « passer la nuit chez eux, à l’abri » ; et le Président Bourguiba, qui condamna immédiatement à la radio les pogromistes et envoya l’armée pour sécuriser la capitale, après ce qui (mais on ne l’apprit qu’ensuite) apparut comme une provocation montée par une Ambassade arabe - celle d’Irak, déjà l’Irak !""Pourquoi le nier ? Cette terrible journée m’a marqué, longtemps, gravant dans ma mémoire un fort ressentiment pour l’ensemble de la Tunisie, alors que cette abjection fut le fait de quelques centaines d’émeutiers. Il m’a fallu des années pour revenir sur cette rancoeur, les évènements vécus plus de trente ans après en France (avec un manque de solidarité effrayant de la part de la majorité de mes compatriotes), y ayant fortement contribué ..."
"Il ne reste pratiquement aucune photographie disponible sur la Toile de ce pogrom du 5 juin 1967 à Tunis, hormis l’image de ce « Sefer Thora » brûlé dans la Grande Synagogue de Tunis, que j’ai mise en illustration. Je l’ai trouvée sur le site « Harissa.com » dont je vous parlais il y a deux jours. Egalement sur le même site, deux témoignages émouvants, que je vous invite à lire en liens :- Le témoignage d'Alain MadarCopyright Zizoufromdjerba.blogspot.com