Extrait de l'article de Ridha Kefi paru au Journal le temps
Des djihadistes tunisiens ont été très actifs au sein du réseau Al-Qaïda en Afghanistan. Ils étaient déployés dans ce pays bien avant son invasion par les troupes états-uniennes. L'US Army a d'ailleurs arrêté une douzaine de Tunisiens, qui sont détenus, depuis plus de cinq ans, dans le camp de Guantanamo, dans l'attente d'un hypothétique procès. Voici, par ailleurs, leurs noms: Lotfi Lagha, Riyadh Ben Mohamed Taher Nasri, Abdallah Ben Mohamed Ouerghi, Adel Ben Hamida, Saïf Ben Abdallah, Ridha Ben Salah Yazidi, Hichem Ben Ali Sliti, Adel Ben Ahmed Hakimi, Amor Ben Abdallah, Hédi Ben Hédhili Hammami, Mohamed Abderrahmane, Rafik Ben Béchir El-Hammi.
Les deux kamikazes ayant assassiné le Commandant Ahmed Chah Massoud, le 9 septembre 2001, soit deux jours avant les attentats du 11-Septembre, étaient, eux aussi Tunisiens. Abdessatar Dahmane et Bouari El-Ouaer s'étaient déguisés en journalistes arabes venus interviewer l'ex-chef de l'Alliance du Nord.
En 2002, quatre Tunisiens (Abdaoui Youssef, Habib Ben Hamed Loubiri, Kamel Darraji et Mohamed Ben Abdelhedi) ont été arrêtés, près de Milan, et condamnés à des peines de prison pour avoir créé une cellule de soutien au GSPC dans la péninsule italienne.
En 2003, un autre Tunisien, Ihsan Garnaoui, a été arrêté en Allemagne où il était arrivé quelques semaines auparavant avec pour objectif de mettre sur pied une cellule clandestine chargée d'organiser un attentat à Berlin.
Le cerveau présumé des attentats de Madrid, le 11 mars 2004, Serhane Ben Abdelmajid Fakhet, était également de nationalité tunisienne. Il s'était immolé à l'explosif, le 8 avril de la même année, dans l'appartement où il s'était réfugié avec quelques autres complices, dans la banlieue de Madrid. Ce jeune homme originaire de Gafsa avait pourtant bénéficié d'une formation universitaire et obtenu une bourse du gouvernement espagnol pour poursuivre un doctorat en économie dans une des meilleures universités du pays. Il avait aussi trouvé du travail dans l'immobilier, et, selon son ancien patron, il était l'un des meilleurs vendeurs de l'entreprise (''El Mundo'', 8 avril 2004).
La nébuleuse européenne d'Al-Qaïda a compté d'autres activistes tunisiens. On pourrait en citer:
- Nizar Naouar, le kamikaze décédé dans l'attentat de Djerba, le 11 avril 2002 ;
- Nizar Trabelsi, l'ancien joueur du Club sportif sfaxien (CSS) condamné le 30 septembre 2003 à dix ans de prison par le tribunal correctionnel de Bruxelles pour avoir projeté, pour le compte d'Al-Qaïda, un attentat à l'explosif contre la base militaire belge de Kleine Brogel (Nord-est de la Belgique) ;
- Adel Tébourski, arrêté en 2001 en France et condamné, le 17 mai 2005, par le tribunal correctionnel de Paris, à six ans d'emprisonnement, pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Selon ''Le Monde'' du 19 avril 2005, ce dernier aurait été l'un des inspirateurs des assassins du commandant Massoud ;
- Tarek Maaroufi, co-fondateur de la Jama'a Attounissiya Al-Mouqawama (Groupe tunisien combattant-GTC), et Amor Sliti, tous deux inculpés dans le cadre d'une filière de faux documents destinée à recruter des candidats pour les camps de formation paramilitaire d'Al-Qaïda en Afghanistan, et condamnés par la Cour d'appel de Bruxelles, le 9 juin 2004, respectivement, à cinq et sept ans de prison,
- Lassaad Sassi, ancien garde national converti au trafic de drogue en Italie, puis au djihad en Algérie, avant de constituer le réseau terroriste démantelé, en janvier dernier, près de Soliman, et de décéder des suites de ses blessures dans un hôpital de la capitale...
Beaucoup de nos compatriotes ont rejoint égalent la résistance armée en Irak après l'occupation de ce pays par les troupes de la Coalition. Selon des services occidentaux, des Tunisiens ont pris part à l'attentat à la voiture piégée contre les locaux de l'ONU à Bagdad où l'ex-secrétaire général adjoint, Viera di Melo, a trouvé la mort le 29 août 2003.
Le 4 juillet 2005, les autorités irakiennes ont appréhendé le Tunisien Imad Nassar Ahmed Amarah (transcription orientale), qui était chargé de la logistique de kamikazes dans la région de Mossoul.
Des Tunisiens ont également participé à l'organisation de l'attentat à la bombe contre la grande mosquée chiite de Samarra, le 22 février 2006. A la mi-juin de la même année, l'un d'eux, Yousri Fakher Mohamed Ali, alias Abou Qoudama, a été arrêté au nord de Bagdad.
Un mois auparavant, un autre Tunisien du nom d'Abdel-Rahman Saifuddin (transcription orientale) a été appréhendé au Waziristan, à la frontière afghane, suspecté appartenir à Al-Qaïda et d'avoir voulu pénétrer en Afghanistan pour rejoindre les Taliban.
On pourrait aussi évoquer le cas d'autres Tunisiens qui ont loué leurs services au djihad en Bosnie, et dont certains, après avoir échappé aux massacres perpétrés contre les musulmans dans ce pays, sont actuellement sous le coup d'une reconduite à la frontière décidée par l'actuelle gouvernement bosniaque. Ou encore ces Tunisiens, candidats au djihad, qui ont été arrêtés sur le chemin du djihad irakien, en Italie, Algérie, Syrie... et livrés aux autorités tunisiennes. La plupart croupissent aujourd'hui dans des prisons tunisiennes.
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